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Fiche texte · Comédie · 1668

Harpagon, « Au voleur ! »

Le monologue de la cassette volée, dans L'Avare de Molière, acte IV, scène 7 : la panique comique d'un homme qui se croit dépouillé.

Auteur
Molière1622 · 1673
Pièce
L'AvareCréation 1668
Personnage
HarpagonVoix d'homme
Forme
Prosecomédie
Usage
Auditioncomique
Statut
Domaine publiclibre de droit
Portrait de Molière
Molière, portrait ancien. Domaine public.

Le contexte

Harpagon, le vieil avare, a enterré dans son jardin une cassette pleine d'or. Quand il découvre qu'on la lui a volée, il perd la raison. Seul sur scène, il hurle, accuse, se prend lui-même par le bras, et finit par s'adresser au public et à la salle entière. C'est l'un des sommets du comique de Molière, parce que la douleur d'Harpagon est sincère et démesurée.

Le texte

Acte IV · Scène 7 · Harpagon, seul
Il crie au voleur dès le jardin, et vient sur le théâtre sans chapeau.
Harpagon

Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? n'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête !

(Il se prend lui-même le bras.) Rends-moi mon argent, coquin !. Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! on m'a privé de toi ; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde.

Source : Molière, L'Avare, acte IV, scène 7 ; texte établi d'après l'édition Despois-Mesnard, Grands Écrivains de la France, Hachette. Domaine public.

Lecture du passage

Le monologue tient sur un seul ressort : la disproportion. Harpagon parle de son argent comme d'un être aimé, qu'on aurait assassiné. Le sommet comique est le moment où il se saisit lui-même le bras en criant « Rends-moi mon argent, coquin ! » avant de se reconnaître. Puis le ton bascule dans la fausse élégie : « mon pauvre argent, mon cher ami ». Le rire vient du sérieux absolu avec lequel Harpagon vit ce deuil.

Pour le jeu

Indications de travail

  1. La sincérité avant tout. Plus Harpagon souffre pour de vrai, plus c'est drôle. Ne jouez jamais la comédie de la comédie.
  2. Le bras qu'on saisit. Le gag physique du bras est le cœur de la scène. Préparez-le comme une vraie arrestation, puis la reconnaissance de soi.
  3. S'adresser à la salle. Harpagon soupçonne le public lui-même. Ce contact direct est une ressource comique à exploiter en audition.

Sources & références

Molière, L'Avare. Texte du domaine public. Excellent choix d'audition comique, voir textes drôles pour audition et notre page Molière.