Le résumé
En Arménie, sous l'Empire romain, Polyeucte, gentilhomme récemment converti au christianisme en secret, est marié à Pauline, fille du gouverneur Félix. Or l'ancien soupirant de Pauline, le Romain Sévère que l'on croyait mort, revient couvert de gloire.
Polyeucte, porté par sa foi nouvelle, brise les idoles païennes lors d'un sacrifice public. Condamné, il refuse d'abjurer et marche au martyre, offrant même Pauline à Sévère. Ce sacrifice provoque la conversion de Pauline, puis celle de Félix. La pièce mène ainsi le héros de l'amour conjugal au don total de soi, et fait de sa mort le point de départ d'une grâce qui gagne ses proches.
Les personnages
- Polyeucte : gentilhomme arménien récemment converti au christianisme, le martyr de la pièce, qui choisit la foi contre tous les liens du monde.
- Pauline : son épouse, fille de Félix, partagée entre son amour pour Polyeucte et le souvenir de Sévère.
- Sévère : Romain, ancien amour de Pauline que l'on croyait mort, revenu glorieux, magnanime face au sacrifice de son rival.
- Félix : père de Pauline, gouverneur, partagé entre la peur du pouvoir romain et l'attachement aux siens.
- Néarque : ami chrétien de Polyeucte, qui l'a soutenu dans sa conversion et l'entraîne vers le martyre.
Les grands extraits à jouer
Le passage le plus célèbre de la pièce est sans conteste les stances de Polyeucte, à l'acte IV, qui commencent par le vers : « Source délicieuse, en misères féconde ». Le héros y renonce aux biens et aux attaches du monde pour embrasser le sacrifice et la grâce, dans un mouvement lyrique qui annonce sa marche au martyre.
Nous ne proposons pas de fiche interne pour ce passage : le texte des stances se lit dans son intégralité sur Wikisource. Pour d'autres morceaux à dire, voyez nos monologues célèbres du théâtre français.
Thèmes et analyse
Polyeucte met au centre du tragique la foi et la grâce : le héros, touché par la conversion, place l'amour divin au-dessus de l'amour terrestre et accepte le martyre comme un accomplissement, non comme une perte. Le sacrifice devient le ressort même de l'action, jusqu'à ce que la mort du juste rejaillisse sur les vivants.
Le conflit entre l'amour terrestre et l'amour divin structure toute la pièce : Pauline aime Polyeucte, Polyeucte aime Pauline, mais une exigence plus haute le détache d'elle. La grandeur cornélienne tient ici dans ce renoncement consenti, et dans la contagion de la grâce qui, après Polyeucte, gagne Pauline puis Félix. C'est l'un des grands exemples de la tragédie chrétienne au théâtre français.
Lire le texte intégral
Polyeucte appartient au domaine public. Le texte complet se lit et s'imprime librement sur Wikisource. Pour aller plus loin, voyez la page de l'auteur Pierre Corneille et la bibliothèque des textes libres de droit.